Soir et matin


Vidéo, 7 min, 2022

Étrange apparition que ce jardin au milieu de la ville d’Arles, présenté comme celui de l’«Éden». Le son de la piscine est omniprésent, de jour comme de nuit, dans un balancement envoûtant, presque fantasmagorique. C’est alors que me vient une analogie avec la Genèse, plus précisément l’instant du bannissement d’Adam et Ève, et ces jardins m’apparaissent alors comme tant de petits paradis que l’on essaie de (re)créer chez soi, à la fois symbole de faute et de vengeance — du moins, de domestication de cette terre d’où ils étaient pris. Sur le même mode opératoire que Chantal Akerman dans son film Là-bas, j’ai réalisé l’ensemble du film sur une durée de six mois, depuis deux fenêtres d’un même appartement. Par les plans fixes et la distance imposée, je cherche à porter une attention sur les différents éléments et oscillations qui composent cet espace auquel je n’ai pas accès, expérience m’obligeant à rester dans l’interstice d’un désir jamais assouvi. Et les images, leur immobilité vibrante, deviennent celle d’un corps enfermé qui tente d’arpenter cet espace fantasmé par projection.





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